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Cinq minutes de cohérence cardiaque

Christian Chatelanat
Écrit par Christian Chatelanat
3 juin 2026 · Lecture 3 min
Personne assise près d'une fenêtre, les yeux fermés, en train de respirer calmement

Une séance dure une heure et se termine. Entre deux rendez-vous, il faut bien que quelque chose continue de travailler. C'est le rôle de la cohérence cardiaque : un exercice de respiration si simple qu'on n'a aucune excuse pour ne pas le faire, et suffisamment mesurable pour qu'on sente la différence en quelques jours.

Le cœur ne bat jamais régulièrement

Contrairement à ce que suggère un métronome, un cœur en bonne santé ne bat pas à intervalles fixes. Il accélère légèrement à l'inspiration et ralentit à l'expiration. Cette variabilité est un bon signe : elle montre que les deux branches du système nerveux autonome — celle qui active, celle qui apaise — se répondent encore.

Sous stress prolongé, cette conversation s'appauvrit. Le rythme se rigidifie, comme une articulation qui perd de l'amplitude. On peut la relancer de l'extérieur, en imposant au souffle un rythme que le cœur finit par épouser.

Le rythme, et rien d'autre

Cinq secondes pour inspirer, cinq secondes pour expirer. Six cycles par minute, pendant cinq minutes. C'est tout, et il n'y a rien à ajouter : ni blocage du souffle, ni visualisation, ni posture particulière. Assis, dos droit, en respirant par le nez plutôt que par la bouche.

Le rythme compte davantage que l'amplitude. Une respiration trop profonde donne le vertige et fait abandonner au bout de deux minutes ; une respiration moyenne, tenue régulièrement, fait tout le travail. Si compter dérange, n'importe quel guide visuel ou sonore fait l'affaire.

Trois fois par jour, plutôt qu'une fois longtemps

L'effet d'une session dure quelques heures, puis s'estompe. C'est pourquoi je conseille trois moments courts plutôt qu'une longue séance : au réveil, avant le repas de midi, en fin d'après-midi. Les deux premiers sont les plus rentables — le matin donne le ton de la journée, celui de midi coupe l'accumulation.

La régularité prime sur la durée. Cinq minutes tous les jours pendant trois semaines valent bien mieux qu'une demi-heure le dimanche.

Ce qu'on peut en attendre

Une pression qui redescend d'un cran, un sommeil qui se pose plus vite, une réactivité moindre aux contrariétés ordinaires. Rien de spectaculaire, et c'est bien ainsi : l'exercice ne cherche pas à produire un état, il rend au corps un peu de son amplitude.

Ce n'est ni un traitement, ni un substitut à un suivi médical. En cas de troubles cardiaques, respiratoires ou de crises d'angoisse importantes, demandez l'avis de votre médecin avant de vous lancer — et arrêtez si l'exercice vous met mal à l'aise.

Christian Chatelanat
Christian Chatelanat
Kinésiologue agréé ASCA et RME — Rue des Gares 27, Genève